Ouaga Hip Hop

Ouaga Hip Hop
# Posté le lundi 13 novembre 2006 17:02

Ouaga Hip Hop

Ouaga Hip Hop
# Posté le lundi 13 novembre 2006 16:59
Modifié le lundi 13 novembre 2006 17:13

Fangafrika la révolte du Hip Hop

Fangafrika la révolte du Hip Hop
La salle du petit Méliès a refusé du monde ce mercredi 25 Octobre 2006 à l'occasion de la projection en avant-première du documentaire Fangafrika. Réalisé par le collectif français Stay calm, ce chef-œuvre défini comme un ovni rapologique est un véritable hymne à la révolte. « Révolutionner, il faut tout reconstruire à la base » scande le rappeur sénégalais Awadi dans le film. Les images s'allient à la musique et à la parole. Le rap retrouve tout son sens contestateur dans une Afrique chargée par tous les maux de l'anti-développement. De Ouaga à Thiroye, en faisant escale à Bamako, Niamey, Lomé, Fangafrika donne à voir une tropicalisation réelle du Hip Hop en Afrique. De jeunes rappeurs tous militants de première ligne prennent le stylo, le micro et se mettent devant les projecteurs. Objectif : crier leur ras-le-bol et celui de leurs concitoyens. Que ce soit avec Awadi, Negrisim, Tatapound, Smarty, Dud'n J ou encore Pris'k, le message reste le même : refuser que la parole reste baillonnée. Fangafrika donne de l'énergie aux voix des sans voix pour que le réveil des consciences provoque des réflexions. Film engagé, 52 minutes de travail artistique. Fidèle à son esprit, Fangafrika démontre avec sincérité la claque que prend le Hip Hop en contact avec les réalités africaines. Pas de fiction rien que de la réalité. Fangafrika ausculte l'Afrique. Le diagnostic est alarmant. L'histoire s'arrête-t-elle là ? Non, selon le MC du film Apkass. Alors, que la société civile reprenne l'écho de l'artiste.

Christian Koné
# Posté le mardi 07 novembre 2006 05:28
Modifié le mardi 07 novembre 2006 11:23

Cocktail explosif au Reemdogo

Cocktail explosif au Reemdogo
Mercredi 25 Octobre, 19h45, le public enthousiaste du Reemdogo acquis et conquis par les cultures découvre une programmation riche et variée : clash hip hop, le face à face des rappeurs, et le slam, une expression artistique nouvelle sur les scène de spectacle burkinabés mais qui a été heureusement bien accueillie.

20h. Top chrono. C'est parti pour le combat. Obskur Jaffar, le présentateur ghetto ambianceur annonce les 16 boxeurs de rimes sur le ring du Reemdogo, tous parés pour l'attaque verbale. Dès la première manche éliminatoire, les spectateurs sont rassurés : la soirée s'annonce bien. Pour ce premier round, deux figures emblématiques de la scène hip hop ouagalaise s'affrontent dans un clash d'enfer : Busta Gaenga et Wed Hyack. Ce dernier a réveillé le public mais c'est Busta qui est sorti vainqueur. « J'ai été très motivé à participer à ce clash par la nostalgie de la culture hip hop. Au début du hip hop c'était le clash, l'esprit de développer ses lyrics, son flow. Donc c'est fair-play. J'encouragerai toujours Busta et j'ai même apporté mon soutien en faisant un featuring avec lui pour la sortie de son disque », avoue Wed Hyack.

Après les différentes manches éliminatoires qui ont conduit les meilleurs rimeurs en quart-de-finale, Obskur Jaffar annonce la participation d'un jeune rappeur dénommé PEACK qui a parcouru plus de 5000 kilomètres pour se frotter aux griffes incontournables des clash de Ouaga. Et le mc a envoyé Dezolo hors du ring.

Des paroles qui touchent les esprits

Les rappeurs font une pause avant les demi-finales. Pendant cet interlude, le public a été ravi de découvrir le slam, une nouvelle expression artistique moins pratiquée à Ouaga, avec Abd El Hack et Franco Mannara du collectif français Spoke Orkestra. Abd El Hack a su mélanger paroles aux rythmes et aux mélodies de son compère en balançant de véritables messages habités par sa voix profonde. Il a fait preuve d'équilibre et de sens de la mesure dans les musiques pour laisser ses paroles libres toucher les esprits.

Les boxeurs remontent ensuite sur le ring. Clash mémorable pour la finale qui oppose deux poids lourd de la crème hip hop ouagalaise : Busta Gaenga du groupe « Suprématie » et El Primo de « La Censure », tous les deux issus du collectif Konkret53. Il y eut de véritables rafales de rimes mais pas de vainqueurs. Les deux complices finissent ex-aequo. Ils ont chacun empoché la moitié du magot, 62,5000 Fcfa. PEACK qui s'est réellement fait remarqué à ravi la 3e place et la coquette somme de 40,000 Fcfa. Le Fou gravit la quatrième marche du podium et remporte 20,000 Fcfa.

Enfin, Apkass, un slammeur(Congolais) venu de France a conclu la soirée en abordant des thèmes puisant leurs sources dans le quotidien et abordant la politique de la France ou encore la religion en créant un échange formidable avec le public.

À la sortie de cette longue soirée, de nombreux spectateurs témoignaient de leur émotion et de leur satisfaction. À quand la prochaine ?

Tayrold G. Abu Barka
# Posté le mardi 07 novembre 2006 05:24
Modifié le mardi 07 novembre 2006 11:15

Entretien avec Nadège Hedé

Entretien avec Nadège Hedé
Nadège Hede, 31 ans, est assistante d'Ali Diallo, le directeur artistique de l'association Umané Culture et coordinatrice de la sixième édition du festival OUAGA HIP-HOP

1) Depuis combien de temps es tu au Burkina Faso ?
Je suis au Burkina faso depuis 4 ans. J'ai travaillé au CCF (Centre Culturel Français) ou j'étais chargé de communication et de coordination des activités artistiques. Pendant cette période, j'ai travaillé en collaboration avec le créateur du festival OUAGA HIP-HOP, Ali Diallo.
Depuis un an, j'ai entamé un contrat de deux ans à Umané Culture en tant que coordinatrice.

2) On constate que ce festival multiculturel est aussi pluridisciplinaire.
C'est une volonté de notre part d'allier formation et concert car on cherche à développer la culture HIP-HOP en général. On compte pour cette édition plus d'une trentaine d'artistes et plus de 64 stagiaires qui se partagent en dix ateliers : huit à Ouaga et deux à Bobo.
Dans les futures éditions, on souhaite développer la décentralisation...

3) Pour organiser un festival d'une telle ampleur, combien de temps faut-il ?
C'est l'aboutissement d'un travail d'un peu moins d'un an. D'ailleurs, le dossier de la septième édition de OUAGA HIP HOP est déjà ouvert...

4) Organiser un festival en Afrique n'est-il pas plus compliqué que l'organiser en Europe ?
Non pas forcément. C'est aussi compliqué dans un cas ou un autre. Nous devons faire face à d'autres réalités et rester sereins au maximum.

5) Comment ca se passe au niveau des sélections des artistes ?
C'est Ali Diallo qui s'en occupe personnellement. Pour cette sixième édition, nous avons invité Passi qui porte un regard particulier sur l'Afrique, Dog gynéco et d'autres... Mais ils ont demandé des cachets trop importants. Heureusement, il y a des artistes comme Clara Pop's qui veulent s'engager dans des activités en Afrique et ne sont donc pas exigeants.

6) Ali Diallo est actuellement absent, n'est ce pas trop difficile ?
Non mais c'est vrai qu'il nous manque...

7) Tes sensations sur les concerts d'hier ?
Bien que le timing n'était pas trop respecté, j'ai été satisfaite. De plus, le groupe Ossara était vraiment chouette et original.

Violette Antigny
# Posté le mercredi 01 novembre 2006 07:14
Modifié le lundi 28 mai 2007 06:36